Depuis 2016, le girl group sud-coréen n’est pas qu’un incontournable de la K‑Pop, il incarne l’archétype du groupe pop mondial : quatre jeunes femmes charismatiques, des refrains accrocheurs, une esthétique soignée. Mais réduire leur œuvre à un simple produit musical serait passer à côté d’une dimension essentielle, la symbolique féministe à travers leurs chansons qui constitue une grande partie de leur force.

Des paroles libératrices
L’univers de BLACKPINK s’appuie sur une image de femmes fortes, indépendantes et fières de leurs choix. Les textes au vocabulaire puissant prônent une affirmation de soi, l’ambition et le refus d’être définie par le regard masculin. La femme y est actrice de son destin, parfois séductrice, souvent meneuse ou combattante métaphorique, toujours consciente de sa valeur. Cette mise en avant de l’autorité féminine, parfois provocatrice, agit comme un contre-pied aux stéréotypes genrés, encore présents dans le paysage culturel sud-coréen, tout comme les normes sociales restent empreintes de valeurs traditionnelles. Le discours du groupe tranche et libère.
Empowerment ou post-féminisme ?
Ni l’un ni l’autre, quoi qu’en dit parfois la critique. BLACKPINK n’élabore pas de manifeste théorique où l’on pourrait y voir un féminisme militant au sens académique. Le quatuor propose plutôt un « féminisme pop », accessible et émotionnel. Et c’est précisément ce qui en fait sa force ; les paroles n’excluent personne et parlent directement aux jeunes générations qui cherchent à s’affirmer. Ce n’est pas un hasard si les chansons résonnent autant auprès de la population (essentiellement) féminine, en Asie comme en Occident, qui les considère comme un miroir d’émancipation. Et même s’il l’on peut reprocher à ce « féminisme pop » de rester superficiel – après tout, il s’inscrit dans une industrie musicale ultra commercialisée – il ne serait pas juste de le balayer d’un geste de la main.

Sororité
À travers leurs performances, les membres de BLACKPINK n’incarnent pas seulement quatre jeunes femmes brillantes, mais surtout une cohésion, une union. La complicité scénique et l’image de « sœurs d’armes » qu’elles projettent montrent que la libération passe aussi par un élan partagé. Cette sororité représentative invite les fans à trouver dans la musique un espace d’identification et d’indépendance ; mais ce n’est pas seulement l’individualité qui est célébrée dans les titres, on y perçoit aussi une force collective capable de renverser les obstacles.
Symbolique féministe
Celle de BLACKPINK réside dans une combinaison de puissance, de confiance et de solidarité. Le message, porté également par une imagerie forte, rend le féminisme désirable, glamour et universel. Les jeunes femmes montrent que l’on peut être élégante et combative, séduisante et puissante, sans jamais se laisser enfermer dans une case, et surtout elles inspirent tout un public qui les suit bien au-delà de la musique !
Cette symbolique agit comme une passerelle entre la tradition et la modernité, entre la Corée du Sud et le monde, entre la pop et la revendication sociale. Jusqu’à présent BLACKPINK n’a jamais revendiqué une position féministe stricte, à l’inverse d’autres artistes, comme CL ou IU, qui écrivent elles-mêmes leurs textes. Pourtant les chansons des quatre membres ouvrent des portes d’interprétation sur un large terrain d’identification pour les jeunes. Et c’est sans doute là que réside leur véritable succès : avoir transformé des hymnes pop en étendards féministes planétaires.
JUMP, métaphore du courage
Après deux années sans la moindre sortie musicale, le groupe s’aventure sur un territoire inexploré, et propose un son addictif qui mélange club music avec des beats puissants et répétitifs, synth-pop, techno européenne et EDM, parfait pour électriser les foules lors de concerts et festivals.
Le titre aux paroles anglophones que l’on peut qualifier de « jump émotionnel », est un saut vers la liberté. Et pour le réussir, les filles appellent à dépasser ses peurs et blocages pour vivre pleinement : All gas, no brakes (…) Breaking out of this cage (« À fond, pas de freins (…) Sortir de cette cage »).
On retrouve le thème de la sororité dans le refrain, ainsi que l’émancipation collective dans un monde où il existe encore des restrictions : I’m with all of my sisters (…) Breaking out of the system (« Je suis avec toutes mes sœurs (…) Sortir du système »).
En citant « prima donna », les membres détournent sa signification – quand il est utilisé pour désigner, non pas « la première cantatrice d’un opéra », mais « une femme ambitieuse » avec une connotation péjorative – et en font un exemple de réussite et de confiance : That prima donna, spice up your life (Cette prima dona pimente ta vie).
Le clip JUMP, un visuel fort
Dirigé par Dave Meyers – plus de deux cents clips à son actif avec les plus grands noms tels Coldplay, Kendrick Lamar, Ariana Grande… – le MV présente des décors urbains avant-gardistes, des superhéroïnes aux tenues futuristes qui fascinent par leur pouvoir, avec une présence visuelle de chaque membre : l’élégance de JISOO, la férocité de JENNIE, la douceur de ROSÉ, la polyvalence de style de LISA. Et ensemble, elles apparaissent influentes, intraitables et unies, montrant la puissance visuelle du groupe.

Cependant, même si de nombreux fans saluent l’approche innovante de la réalisation, d’autres expriment leur inquiétude quant à l’utilisation présumée de l’IA qui « diminuerait la qualité de la vidéo et la rendrait moins impactante »…
Autres titres de BLACKPINK à l’étendard féministe
Kill This Love (2019)
Le titre est porteur d’un message fort (« Tuons cet amour ») : savoir reconnaître quand l’amour est toxique et s’en libérer, même si c’est douloureux.
DDU‑DU DDU‑DU (2018)
Les paroles sont un appel à la confiance en soi : « Peu importe que tu m’aimes ou que tu me détestes et peu importe ce que les autres disent ». Les chorégraphies mêlent mouvements forts aux scènes expressives, fusionnant puissance physique et féminité.
BOOMBAYAH (2016)
Titre évocateur dans lequel les filles s’affirment sans complexes, et tant pis si les « mecs » ne sont pas d’accord : « Je veux aller vite sans connaître la fin ».
How You Like That (2020)
Sur un ton triomphal, les paroles montrent que l’on est capable de résilience afin de vivre pleinement :« Quoi de neuf ? Je suis de retour ». On peut aussi voir cette transformation et la libération des contraintes dans le MV, par exemple quand JISOO dévoile son visage masqué pour montrer sa vraie force, ou le style audacieux assumé de LISA.
WHISTLE (2016)
Hymne à la liberté et à l’indépendance : « Mec, c’est échec et mat, Je gagne la partie ».
Typa Girl (2016)
Les paroles déclenchent les débats et certains lui reprochent de relever du post-féminisme (ou empowerment) avec un discours unilatéral et dépolitisé valorisant un mode de vie matérialiste ! « J’apporte l’argent sur la table, pas ton dîner ». Alors que d’autres personnes trouvent que c’est le contraire, car les paroles soulignent à quel point les femmes sont désirables pour les hommes, et ce n’est pas le clip qui les contredira.
Et vous, qu’en pensez-vous ?
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