Début avril 2026, Emmanuel Macron s’est rendu en Corée du Sud pour une visite d’État marquante, mêlant enjeux diplomatiques classiques et stratégie d’influence culturelle. Pendant deux jours à Séoul, rencontres politiques, initiatives économiques et événements culturels se sont enchaînés – avec une place importante accordée à la Hallyu et à ses figures emblématiques.

Visite officielle en tournée asiatique
La visite d’Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron s’est déroulée les 2 et 3 avril 2026 à Séoul, capitale de la Corée du Sud. Elle s’est inscrite dans une tournée asiatique plus large, après notamment un passage au Japon.
Accueilli par le président sud-coréen, Lee Jae-myung, et son épouse Kim Hea-kyung, Emmanuel Macron avait pour objectif de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays, qui entretiennent des liens diplomatiques depuis maintenant 140 ans.
Cette visite a poursuivi plusieurs ambitions majeures : renforcer la coopération diplomatique, développer les partenariats économiques et technologiques, encourager les échanges universitaires, et bien entendu affirmer la présence française en Asie. Le président français a ainsi débuté son séjour par un hommage au mémorial de la guerre de Corée (1950-1953), un lieu hautement symbolique qui rappelle l’un des événements les plus marquants de l’Histoire coréenne. Ce geste rappelle notamment l’engagement historique de la France aux côtés de la Corée du Sud lors de périodes troublées.
Mais au-delà de ces axes traditionnels, un élément s’est particulièrement distingué : la volonté de mettre en avant la coopération culturelle et le soft power coréen, appelé « Hallyu ». Ce terme – qui signifie littéralement « vague coréenne » – désigne tous les axes de la culture coréenne populaires à l’international, et participent donc au rayonnement de la Corée du Sud dans le monde entier. On y retrouve bien sûr la K-Pop, mais aussi la K-Beauty, les séries (K-Dramas), le cinéma, la cuisine ou encore la mode, qui ont connu un essor phénoménal par de grands acteurs viraux de la Hallyu comme le hit Gangnam Style (2012) de PSY, le thriller Parasite (2019), la série Squid Game (2021) produite par Netflix ou encore le succès hors norme et toujours croissant de groupes de K-Pop comme BTS, BLACKPINK ou encore Stray Kids.
Traditions et échanges franco-coréens
Comme le veut la tradition, la visite a été ponctuée par un déjeuner d’État officiel. Cette soirée a permis des échanges politiques informels, la mise en valeur de la gastronomie franco-coréenne et des gestes diplomatiques symboliques.
Lors de sa visite, Emmanuel Macron a également rencontré des étudiants à l’université Yonsei, l’une des plus prestigieuses du pays, et participé à un forum économique franco-coréen. Ces séquences visaient à stimuler les coopérations dans l’innovation, la recherche et les affaires.
Mais la présence du président français sur le sol sud-coréen a aussi été l’occasion de célébrer un moment charnière sur le plan culturel : l’inauguration du Centre Pompidou Hanwha à Séoul, symbole du rapprochement artistique entre les deux nations.

Le Centre Pompidou Hanhwa, dont l’ouverture est prévue en juin 2026, est présenté comme un nouveau repère culturel à Séoul, pour les habitants séoulites comme les touristes. Il présentera notamment deux grandes expositions par an, mettant en avant à la fois les œuvres d’artistes coréens contemporains, mais aussi les tendances artistiques internationales du moment.
La K-Pop, outil central de la diplomatie moderne
Cette visite diplomatique de M. Macron et son épouse soulève de nombreuses questions, notamment quant à l’impact du soft power coréen sur la manière dont est perçue la politique, en France comme à l’international.
Le déjeuner d’État s’est notamment distingué par la présence d’invités prestigieux, certes remarqués, mais plutôt inhabituels pour ce type d’événement. On y a notamment retrouvé l’artiste PSY, les acteurs Jeon Jong-seo et Noh Sang-hyun, ainsi que le chef français d’origine coréenne Pierre Sang. Quant à Felix (membre du groupe Stray Kids) et l’actrice Jun Ji-hyun, leur présence n’était pas due au hasard, puisque le duo a été nommé ambassadeur honoraire du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud quelques jours avant la venue de M. et Mme Macron à Séoul.

Sans grande surprise, la K-Pop a ponctué le voyage du couple présidentiel français, où Mme Brigitte Macron a notamment reçu des albums dédicacés de BTS, Stray Kids et G-Dragon (BIGBANG). Dans ses prises de parole, Emmanuel Macron a reconnu la puissance du soft power sud-coréen, notamment grâce à son industrie culturelle (musique, cinéma, séries). Une manière de manifester son respect pour la culture sud-coréenne dans son ensemble, mais aussi de toucher les jeunes générations, plus proches de la pop culture, et donc plus réceptives à ce type de collaborations culturelles.
Cette volonté de proximité avec les plus jeunes, ainsi que le rapprochement manifeste entre des figures politiques d’envergure et de grandes stars de la pop culture, soulèvent cependant des questions d’ordre moral chez certaines personnes : où s’arrête l’hommage culturel et où commence la récupération politique lors de ce type d’événements, pourtant centraux dans le maintien des relations diplomatiques et l’entente mondiale ?
La visite diplomatique du couple présidentiel français a été un succès et a permis de réaffirmer les liens d’amitié qu’entretiennent la France et la Corée du Sud depuis des décennies. Et si la politique de M. le président est majoritairement pointée du doigt sur le sol français, force est de constater que ce dernier reste plutôt populaire à l’étranger. On en veut notamment pour preuve son arrivée remarquée à Séoul, où Emmanuel Macron a été accueilli par des sympathisants coréens comme une véritable star.
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