INTERVIEW : Nuit Incolore, à l’aube d’une nouvelle ère

par Lucile Theffo Defaudais

Avec sa voix singulière et son univers profondément mélancolique, Nuit Incolore s’est imposé comme l’un des artistes francophones les plus suivis de sa génération. Après deux ans de silence, le chanteur signe son grand retour avec Ange & Démon, un titre qui marque le début d’une nouvelle ère artistique. Influencé par des sonorités électro, dance et surtout K-Pop, il ouvre un nouveau chapitre tout en restant fidèle à l’émotion qui caractérise sa musique.

Pour l’occasion, Nuit Incolore a accordé une interview exclusive à K! World. Il revient sur cette renaissance, sa collaboration avec le producteur Alawn, son immersion en Corée du Sud, son évolution artistique, ainsi que les ambitions qui entourent son prochain projet…

©Romain Garcin

Bonjour, merci pour le temps que tu nous accordes. Peux-tu commencer par te présenter à nos lecteurs ?

Hello à tous et à toutes, je m’appelle Nuit Incolore ! Je suis un artiste qui crée des musiques et qui les chante ! J’ai fait du piano quand j’étais ado, et ça ne m’a jamais quitté depuis !

Tu reviens avec Ange & Démon après deux ans d’absence, comment as-tu senti que c’était le bon moment ?

J’ai toujours eu l’habitude de spammer, en sortant des chansons à un rythme régulier… Un an et demi de silence, c’était beaucoup pour moi. Je voulais que ma commu’ ne s’ennuie pas autant que moi !

Tu présentes ce titre comme une renaissance. Qu’est-ce qui a le plus changé chez toi depuis ton dernier projet ?

Je suis parti à Séoul pour rencontrer des producteurs et danseurs hors du commun et parfaire mon projet ! J’y ai appris la maîtrise de mon corps, ainsi qu’une création musicale bien différente de la mienne. Personnellement, j’aime beaucoup composer dans ma chambre. Là, j’ai dû me rendre en studio tous les jours.

Tu as été formé au conservatoire, et ce morceau marque un virage assumé vers des influences électro, dance et K-Pop, loin de la musique classique. Qu’est-ce qui t’attire dans ces sonorités ?

J’ai l’habitude de composer des chansons mélancoliques et tristes, mais comme je ne le suis pas éternellement, j’ai eu besoin de me diversifier. J’ai toujours été curieux de découvrir les genres musicaux qui m’entourent. Si bien que la texture « métallique » des synthés et les percussions plus « serrées » m’ont inspiré.

En prenant une nouvelle direction musicale, n’as-tu pas eu peur de perdre tes premiers auditeurs ?

C’est une sorte de renaissance, mais en aucun cas je ne nie qui j’étais ! Je suis fier d’entrer dans une nouvelle ère plus mature et soignée ! Je fais de la musique pour m’aider à aller mieux et égoïstement, je ne veux pas que mon projet devienne lisse…

Pour ce retour avec Ange & Démon, tu as fait appel à Alawn, qui a notamment travaillé avec des artistes majeurs de la scène K-Pop. Comment cette collaboration est-elle née ?

Je remercie ma maison de disque Wagram pour le contact ! Il passait à Paris en séminaire professionnel, et mon directeur artistique Théo lui a proposé que l’on collabore… On a débuté à distance, puis je l’ai rencontré chez lui, à Séoul, où on a enregistré plusieurs chansons ensemble !

Qu’est-ce qu’un producteur ayant un pied dans l’industrie K-Pop apporte de différent dans la façon de créer une chanson ?

Il a tout de suite les bons réflexes. Là où je commence doucement (un petit piano, des mélodies chantées, puis une production plus poussée via mon ordi), Alawn sort directement son clavier le plus cher pour créer des harmonies entêtantes. Je dirai que l’efficacité est le maître mot.

Est-ce que travailler avec Alawn t’a poussé à sortir de certaines habitudes créatives ?

On a réussi à trouver un entre-deux ! J’ai pu écrire et enregistrer tranquillement dans ma zone de confort, à savoir mon lit. C’est pour cela que Nuit Incolore reste Nuit Incolore, même en travaillant avec l’international, il reste fidèle à ses habitudes de créations ! (Rires.)

©Romain Garcin

Côté paroles, Ange & Démon parle de la coexistence entre lumière et obscurité. Est-ce une chanson qui reflète ton expérience personnelle ?

Oui ! C’est un vrai conflit intérieur : certains jours, tu peux te sentir bien comme un ange, ou mal comme un démon. Mais au fond, ces deux parties forment qui nous sommes. Et c’est une chanson sur l’entièreté de notre existence. Peu importe notre mood, on reste humain !

Est-ce que cette dualité se retrouve aussi dans ta manière de créer de la musique ?

C’est plutôt une pluralité à ce stade ! Durant mon année de césure, j’ai pu composer un peu partout : en studio en Corée, proche de mon orphelinat au Vietnam, et évidemment dans mon chalet suisse ! J’ai su m’inspirer de mon environnement et de mes rencontres, je suis enfin sorti de ma grotte !

Ta communauté est composée en partie de fans de K-Pop, qui accordent beaucoup d’importance à l’univers visuel. Était-ce primordial pour toi de développer une direction artistique forte autour d’Ange & Démon ?

Je voulais revenir avec confiance ! C’est pour cela qu’il fallait un clip vidéo plus poussé que les anciens. De la danse, une prise de risque musicale et des visuels mémorables. Nuit Incolore se réinvente mais ne disparaît pas complètement ! Je voulais que ça soit la bande-annonce de mon prochain gros projet.

Le clip marque un changement visuel important pour toi. Comment as-tu construit cette nouvelle identité avec Arthur Blaisa, le réalisateur ?

Beaucoup d’appels et de sommeil en moins, Arthur avait la vision, Hoynnaa les mouvements, et moi la musique ! C’est un peu une table ronde d’artistes dans des domaines différents qui se rencontrent et essaient de donner le meilleur d’eux-mêmes !

Vois-tu Ange & Démon comme le début d’une nouvelle ère pour Nuit Incolore ?

C’est exact ! Les questions qui me hantaient dans le premier album ont été partiellement répondues ou oubliées, si bien que j’ai eu envie de grandir en restant fidèle à qui je suis. C’est une évolution maîtrisée sur l’instant T, qui me procure beaucoup de bien !

Était-ce important pour toi d’avoir une véritable dimension chorégraphiée dans ce projet ?

Oui ! J’ai soif d’apprendre, et de trouver une forme d’exigence dans la danse, ça m’a de suite inspiré. Grâce à mes voyages en Corée, j’ai eu la chance d’apprendre avec les meilleurs ! Il me faut bien évidemment m’entraîner à la maison, car ce n’est pas inné chez moi, mais je suis motivé à me surpasser.

Est-ce que la danse est quelque chose que tu souhaites développer davantage à l’avenir ?

Ce serait un véritable goal effectivement, mais je reste un énorme geek de la musique, je ne pense pas troquer l’un pour l’autre mais je ferai tout pour que sur la durée, ces deux arts coexistent au sein de mon projet !

Si tu devais présenter Ange & Démon à quelqu’un, qu’aimerais-tu qu’il en retienne ?

J’aimerais qu’il se dise que… je n’ai jamais passé autant de temps sur la version finale d’une chanson. (Rires.) J’ai dû faire approximativement une dizaine de versions d’Ange & Démon juste pour essayer d’atteindre une perfection illusoire !

Qu’est-ce que les auditeurs peuvent attendre de la suite des aventures de Nuit Incolore ?

Un renouveau inattendu. Des collaborations encore plus grandes que le premier projet. Mais surtout, une identité de Nuit Incolore moins floue, qui assume d’exister.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Merci à tous et à toutes pour la force que l’on me donne dans mes projets. Il y a quelques années, je n’aurais jamais cru tout cela possible !

Remerciements : Nuit Incolore, Wagram Music, Romain Garcin


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