LIVE REPORT : BIGBANG au Stade de France, le miracle vingt ans plus tard

par Léa Lempereur

Il y a des concerts que l’on attend. Et puis il y a ceux auxquels on n’osait plus croire. Le 19 septembre, lorsque les lumières du Stade de France se sont éteintes et que les premières notes de FANTASTIC BABY ont retenti, BIGBANG n’a pas simplement donné le coup d’envoi de son tout premier show parisien : il a rouvert une porte que beaucoup pensaient fermée à jamais.

BIGBANG à Goyang (Corée du Sud) ©YG Entertainment

Près de neuf ans après leur dernière tournée en tant que groupe, G-DRAGON, TAEYANG et DAESUNG ont enfin retrouvé la scène pour célébrer leurs 20 ans de carrière. Une tournée mondiale dont l’ambition est à la hauteur de l’Histoire de ce groupe mythique, fondateur de la K-Pop telle qu’on la connaît aujourd’hui. À Paris, une véritable onde de nostalgie a flotté dans les airs : dans les tribunes comme dans la fosse, les VIPs [NdlR : nom du fandom de BIGBANG] sont venus retrouver une partie de leur adolescence et l’émoi de l’écoute de leurs premières chansons K-Pop… Une émotion particulièrement vive pour des fans qui n’auraient jamais imaginé voir BIGBANG se réunir sur scène un jour.

Vingt ans d’Histoire en quelques secondes

Dès FANTASTIC BABY, le ton est donné. Puis viennent HANDS UPTONIGHTBLUELOSERIF YOUBAD BOY et BAE BAE. Autant de titres qui n’ont pas besoin d’être présentés tant ce sont des classiques, pas seulement de la discographie du groupe, mais de l’industrie K-Pop tout entière. Le genre de chansons dont il suffit d’entendre les premières notes pour déclencher les cris et les chants d’un public qui connaît les paroles par cœur (ou presque).

La setlist remonte ensuite encore plus loin dans le temps avec HARU HARU et LIE. Deux véritables capsules temporelles qui ramènent BIGBANG à ses premières années, lorsque le groupe se démenait déjà à redessiner les contours d’une K-Pop encore bien loin de ses ambitions internationales actuelles. Vingt ans plus tard, l’effet reste intact.

BIGBANG à Oakland (États-Unis) ©YG Entertainment

Et c’est précisément ce qui a rendu cette soirée si particulière. BIGBANG n’a pas seulement célébré un anniversaire important de sa carrière : il a fait défiler une mémoire collective en ravivant la flamme, même dans le cœur des personnes qui n’ont pas suivi toutes les actualités de l’industrie K-Pop sur les deux dernières décennies écoulées. Une vive émotion qui s’est ressentie autant dans le Stade de France que sur les réseaux sociaux après le show, lors de la traditionnelle période de « déprime post-concert » qui suit toute performance digne de ce nom.

Trois artistes, trois couleurs, un même héritage

Après une première déferlante collective, place aux solos. Et si les fans attendaient de la performance de haute volée et du divertissement sur scène, force est de constater qu’ils ont largement été servis. DAESUNG a ouvert le bal avec UniverseWINGsHANDO-CHOGUA et Look At Me, Gwisun dans une ambiance trot survoltée, du jamais vu pour un style musical aussi niche dans l’enceinte de cette salle légendaire. TAEYANG a ensuite pris le relais avec BADRINGA LINGA et LIVE FAST DIE SLOW, de quoi changer de registre pour des sonorités un peu plus urbaines, avant que G-DRAGON ne fasse son entrée sur PO₩ER, son dernier hit en date, suivi des grands classiques Crayon et CROOKED.

BIGBANG à Oakland (États-Unis) ©YG Entertainment

Malgré les années, les directions artistiques radicalement différentes, les hauts et les bas qu’ont traversé le groupe et surtout les moments d’incertitude, cette parenthèse individuelle a rappelé aussi pourquoi BIGBANG a marqué son époque et continue de forger l’avenir : chacun des membres a développé une identité suffisamment forte pour exister seul, sans jamais faire disparaître la singularité du groupe. Et le tout reste cohérent, sans qu’on puisse réellement mettre le doigt sur la raison. Du génie, tout simplement.

BiiiG, le présent plutôt que le simple retour en arrière

Après avoir traversé deux décennies de hits, les membres sont revenus ensemble pour BANG BANG BANGSTUPID LIARSOBER et WE LIKE 2 PARTY. Et puis est arrivé BiiiG.

Sorti le 19 août, à la date exacte du 20e anniversaire du groupe, le titre est surtout le premier nouveau morceau de BIGBANG depuis Still Life (2022). Le voir prendre vie au Stade de France, sous les yeux embués de milliers de fans, a soudainement donné un autre sens à cette tournée d’anthologie : il ne s’agit plus uniquement de célébrer le passé, mais de se tourner vers l’avenir et de redonner de l’espoir à tout un fandom.

BIGBANG à Goyang (Corée du Sud) ©YG Entertainment

Sur un beat hip-hop énergique, G-DRAGON, TAEYANG et DAESUNG ont affiché une énergie commensurable, non sans rappeler le BIGBANG des premières heures. De quoi emporter à nouveau le public dans une déferlante de joie, où cris et larmes se sont mêlés au son des enceintes du stade.

HOME SWEET HOME : comme si rien n’avait changé

La suite enchaîne avec HOME SWEET HOME, avant que le trio ne revienne à ses classiques pour l’ultime partie du concert. MY HEAVENSUNSET GLOWLAST FAREWELLFLOWER ROAD… Des titres tout aussi légendaires pour ne laisser au public aucune chance de souffler.

Et forcément, STILL LIFE

BIGBANG à East Rutherford (États-Unis) ©YG Entertainment

Difficile pour les fans de ne pas repenser au contexte dans lequel ce morceau est sorti. Après des années mouvementées, des départs et une longue absence, STILL LIFE est apparu, au moment de sa sortie, comme le potentiel dernier chapitre de BIGBANG. Un clap de fin que personne n’était prêt à entendre, et qui finalement – à notre plus grand soulagement – n’est pas arrivé. Cette époque semble aujourd’hui lointaine, mais l’idée de retrouver BIGBANG sur une scène de cette ampleur pour une tournée feel good et nostalgique à souhait semblait absolument inenvisageable. Le temps a finalement réussi à prouver que peu importe les épreuves traversées, BIGBANG est une entité immortelle et intouchable.

Le « miracle » BIGBANG

C’est peut-être là que se trouve toute l’émotion de cette soirée. BIGBANG n’est pas sorti totalement indemne de ses vingt années d’Histoire. Le groupe a connu des périodes de silence, des bouleversements et des scandales qui ont fait s’amenuiser, au fil des années, l’espoir d’une véritable réunion.

Et pourtant, à l’occasion de la tournée XX : COSMOS, les trois membres restants de BIGBANG se sont bien présentés devant le public parisien, plus fiers et libres que jamais.

BIGBANG à East Rutherford (États-Unis) ©YG Entertainment

Dans le Stade de France, les lightsticks des VIPs ont dessiné une immense marée dorée tandis que les fans ont chanté, dansé et fait la fête en continu plusieurs heures durant. Ce soir-là à Paris, chacun a assisté à un moment inoubliable, sur lequel beaucoup avaient fait une croix.

Vingt ans après ses débuts, les chansons de BIGBANG n’ont pas pris une ride. Elles ont vieilli avec le public, sans devenir ringardes pour autant.

Et maintenant, BIGBANG ?

Après avoir refermé la soirée sur STILL LIFE, BIGBANG a laissé une porte grande ouverte. Car cette série de concerts anniversaire n’est pas uniquement tournée vers le passé. Avec BiiiG, le groupe a déjà commencé à écrire la suite et indique bien ne pas vouloir mettre un terme à sa carrière.

Alors, après avoir célébré vingt ans d’Histoire, de records, de tubes et de souvenirs pleins d’émotions, une envie demeure : retrouver BIGBANG en studio, pour de bon. Pour un véritable album, une nouvelle ère, et pas seulement souffler une bougie de plus. L’espoir est permis…

BIGBANG à Oakland (États-Unis) ©YG Entertainment

STILL LIFE ressemblait à un point final. BiiiG pourrait bien avoir transformé ce point en simple virgule. Au Stade de France, BIGBANG a prouvé que le public était toujours là. À lui, maintenant, de nous fournir les hits de demain.

Remerciements : AEG Presents, YG Entertainment, BIGBANG


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