Le 17 juin dernier, le Palais des Congrès de Paris accueillait le K-EXPO INKIGAYO in Paris, événement exceptionnel organisé dans le cadre des célébrations du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée du Sud. Soutenue par plusieurs organismes culturels et institutionnels coréens, la soirée n’avait pas vocation à rivaliser avec les tournées géantes qui remplissent les stades européens. L’objectif était ailleurs : offrir une vitrine de la scène musicale coréenne actuelle et poursuivre le rayonnement international de la pop culture coréenne.
Avec six artistes aux profils variés – groupes émergents, solistes confirmés et figures emblématiques de la K-Pop – l’événement proposait un panorama particulièrement représentatif de ce qui anime aujourd’hui l’industrie musicale sud-coréenne. Avec des MC (maîtres de cérémonie) empruntés au roaster présent, parmi lesquels Taemin, Minhyuk et Hyungwon (MONSTA X), le public passe un excellent moment, de quoi plonger les Français dans une ambiance INKIGAYO à des milliers de kilomètres de l’endroit où l’émission hebdomadaire est née.


Une ouverture entre tradition et modernité
Après les discours d’ouverture des représentants français et coréens, la soirée débute par une performance de danse traditionnelle. Un choix symbolique qui rappelle que la Hallyu moderne s’inscrit dans une histoire culturelle bien plus vaste.
Lorsque les artistes de la programmation font finalement leur apparition sur scène, les cris du public couvrent rapidement les derniers applaudissements protocolaires. Parmi eux, une silhouette déclenche immédiatement une réaction particulière : celle de Taemin, dernier à rejoindre la scène.
82MAJOR confirme sa montée en puissance
Le premier groupe à entrer dans le vif du sujet est 82MAJOR. Déjà aperçu à Paris quelques mois plus tôt, les membres semblent parfaitement à l’aise face au public français.
Portés par une fanbase déjà bien installée malgré leur jeune carrière, ils enchaînent Need That Bass, Sign et TROPHY avec assurance. Récemment revenus avec Sign, les garçons profitent également de leurs interventions pour partager leur enthousiasme d’être de retour dans la capitale française.
Leur aisance à l’oral et leur énergie communicative donnent immédiatement le ton de la soirée.
Hearts2Hearts met l’ambiance
Comme souvent dans les événements de ce type en Europe (M COUNTDOWN, Music Bank…), les transitions sont rapides. À peine le temps de reprendre son souffle que Hearts2Hearts investit la scène.
Seul girl group de la programmation, il démarre fort avec RUDE!, titre déjà parfaitement maîtrisé par une partie du public qui reprend les points-clés de la chorégraphie et du refrain avec enthousiasme.
Le groupe poursuit avec STYLE, jouant habilement sur les interactions et les expressions qui ont fait son succès sur les réseaux sociaux. Entre séduction légère, énergie juvénile et présence scénique déjà affirmée, les jeunes artistes démontrent pourquoi elles comptent parmi les nouvelles recrues féminines parmi les plus observées de la scène K-Pop actuelle.
Leur passage se conclut finalement sur FOCUS, dans une ambiance particulièrement chaleureuse.
Stella Jang, la passerelle franco-coréenne
Parmi les moments les plus touchants de la soirée figure sans doute le passage de Stella Jang.
Ayant vécu onze années en France, l’artiste bénéficie d’une relation particulière avec le public parisien. Son français impeccable lui permet d’échanger naturellement avec la salle, provoquant rires et applaudissements à chacune de ses interventions. Lorsqu’elle interprète Aux Champs-Élysées, rite presque obligatoire des artistes coréens en escale à Paris, la connexion devient immédiate.
Mais c’est avec L’amour, les baguettes, Paris, dont le titre cliché cache en réalité une histoire touchante, Stella Jang parvient à créer un moment suspendu, d’autant plus fort qu’il s’agit de sa première performance en France devant un public capable de comprendre directement ses paroles.
NCT WISH joue la carte du romantisme
Avant même leur entrée sur scène, NCT WISH séduit le public grâce à une vidéo mettant en valeur différents lieux emblématiques de Paris.
Le groupe enchaîne ensuite Ode to Love et Steady, des titres qui trouvent un écho particulier dans la capitale française. Le registre romantique, déjà au cœur de leur identité artistique, semble parfaitement adapté à la Ville Lumière.
Les membres démontrent également leur polyvalence avec plusieurs performances plus légères et estivales, notamment Soda Pop (issu du film phénomène KPop Demon Hunters) et Sticky, qui apportent une touche de fraîcheur bienvenue à la programmation.
MONSTA X fait monter la température
Si le public est resté majoritairement assis jusque-là, tout change avec l’arrivée de MONSTA X.
Dès les premières notes de Dramarama, les spectateurs se lèvent massivement. Le groupe impose immédiatement sa présence grâce à son mélange caractéristique d’élégance et de puissance.
Love Killa déclenche une véritable explosion dans la salle, tandis que Burning Up transforme le Palais des Congrès en véritable piste de danse. Malgré l’absence d’I.M., actuellement retenu par ses obligations militaires, les membres présents démontrent une nouvelle fois pourquoi MONSTA X demeure l’un des groupes les plus performants de sa génération.
Après cette montée en intensité, une ballade plus émotionnelle permet de reprendre son souffle avant un final surprenant sur Rush Hour, choix inattendu mais particulièrement efficace pour conclure leur passage.
Taemin, tout simplement
Entre plusieurs messages vidéo d’artistes adressés au public français et des reprises de titres emblématiques de BTS, BLACKPINK ou Stray Kids proposées par les groupes présents, la soirée approche progressivement de son dénouement. Mais tout le monde attend encore le moment phare de l’événement.
Lorsque Taemin apparaît finalement pour son set solo, le Palais des Congrès retient son souffle. Entouré de ses danseuses, l’artiste entre en scène avec une assurance presque irréelle. Certains artistes occupent une scène, d’autres la possèdent. Taemin, « l’idol des idols », appartient incontestablement à la seconde catégorie.
Seul au milieu d’un espace pourtant immense, il capte immédiatement tous les regards. Chaque mouvement semble calculé sans jamais paraître mécanique. Chaque geste raconte quelque chose.
Avec Sexy In The Air, il installe son univers. Puis vient Move. Huit ans après sa sortie, le titre conserve intact son pouvoir de fascination. Les premiers accords suffisent à provoquer une réaction immédiate dans la salle, comme si chacun redécouvrait pour la première fois cette chorégraphie devenue iconique.
La tension continue de monter avec Guilty. Magnétique, intense, presque hypnotique, la performance confirme une nouvelle fois le statut unique de l’artiste au sein de la pop coréenne contemporaine.
Lorsque résonnent finalement les premières notes de Advice, chacun comprend que la soirée touche à sa fin.
Un final à la hauteur de l’événement
Tous les artistes rejoignent alors la scène pour un dernier salut collectif. Entre sourires, remerciements et interactions avec les fans, la soirée s’achève dans une atmosphère particulièrement chaleureuse.
Un rapide anniversaire est même célébré pour Shownu sous les applaudissements du public. Puis les lumières se rallument, marquant la fin d’une soirée mémorable pour l’audience et les artistes.
Sans chercher à battre des records d’affluence, cette première édition parisienne du célèbre music show coréen INKIGAYO aura parfaitement rempli sa mission : offrir au public français un aperçu de la diversité de la scène musicale coréenne actuelle et rappeler, une fois encore, que la K-Pop ne se résume pas à une poignée de noms mondialement connus. Entre découvertes, confirmations et performances de très haut niveau, le Palais des Congrès a vécu le temps d’une soirée un condensé particulièrement réussi de ce que la Corée du Sud propose aujourd’hui de mieux sur le plan musical.
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